CHANGER

Qui n’a pas, un jour, pensé ou rêvé de changer ? De look ? De profession ? De maison ? De région ? De vie ? Presque un Français sur deux a émis ce désir d’un changement total ou partiel dans sa vie. Ceci est certainement le signe d’un mal-être et en même temps le souhait d’aller à la découverte d’un territoire inconnu que chacun porte en soi.

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Le changement, c’est l’aventure.

Nous sommes des êtres d’habitudes dans lesquelles nous nous installons confortablement. Dans les périodes difficiles, se conformer à la norme sociale, au groupe rassure, sécurise et cette frilosité est souvent liée à notre éducation comme l’explique Marie Andersen, psychologue : « Oser marcher sur un territoire non balisé, cela s’apprend dès l’enfance, pas à pas. Mais si on nous en a préservés, ou si l’on nous a fait comprendre que cet inconnu était source de danger, il restera pour nous un obstacle démesuré. ». Il est donc important que les enfants se confrontent à la difficulté pour développer leur autonomie et tester leur propre boîte à outils intérieure. Changer implique de se confronter à l’inconnu, à ses parts d’ombre. C’est oser regarder ses fragilités, ses vulnérabilités. C’est alors que ce cheminement se trouve empêcher par des blocages, des résistances, des peurs. La peur peut affaiblir notre vivance c’est-à-dire l’épanouissement du vivant en soi et entraver notre course vers le changement. Toutefois, la peur a un aspect positif, elle nous mobilise et peut permettre de transformer nos craintes en accomplissement. Le changement est une mise en action, d’ailleurs nous changeons, nous évoluons sans cesse, biologiquement, psychologiquement. Le cerveau se nourrit du changement. La stimulation provoquée par le changement entraîne les cellules souches à produire de nouveaux neurones. Il est donc important de fuir la routine et respecter sa soif de comprendre et d’apprendre.

Chaque expérience du quotidien, chaque rencontre bousculent, parfois indiciblement, notre être. Identifier ce qui nous empêche d’avancer, c’est déjà progresser. Alors les barrières pourront tranquillement se lever car ce que nous voulons lorsque nous émettons le désir de changer, c’est cesser de subir et se positionner comme créateur de notre parcours de vie. Choisir de changer consiste à vouloir devenir ou redevenir acteur de sa vie, responsable de ses pensées, de ses émotions et de ses comportements.

La méthode des petits pas

Notre cerveau est programmé pour résister au changement et face à la peur deux options se présentent : fuir ou combattre. La méthode des petits pas que les Japonais appellent Kaizen permet au système nerveux de se recâbler et de, peu à peu, abandonner cette résistance pour s’ouvrir à la créativité. Un projet de changement s’opère au quotidien, pas à pas. Il est vain de se fixer des objectifs démesurés. Mieux vaut établir un programme progressif, divisé en étapes. L’accession plus facile à chacune des étapes renforce la confiance en soi et la motivation pour avancer. Filliozat et Guasch proposent dans leur ouvrage Ces petits riens qui changent la vie[1] de s’appuyer sur une démarche simple, basée sur trois principes directeurs : voir, comprendre, agir. La première étape est donc de prendre connaissance, de faire un état des lieux intérieur : que se passe-t-il en moi ? La deuxième étape est basée sur la compréhension, le comment et le pourquoi des situations que je vis. La dernière étape s’ouvre sur l’action, que vais-je mettre en place ? Corps, cœur et esprit participent d’un même élan, le physique se met en mouvement, soutenu par la motivation du cœur et la présence de l’esprit.

Changer pour aller mieux

Tous les domaines de sa vie, qu’il s’agisse de travail, d’amour, de politique peuvent être sujets à changement. L’important est de se débarrasser des scories qui nous empoisonnent et trouver du plaisir dans la nouveauté. L’idée est de se tourner vers un changement positif qui va nous permettre de nous régénérer et de gagner en liberté. L’objectif du changement est donc d’accéder au bien-être et de vivre heureux. Alors s’occuper de soi et de son corps devient essentiel. Bouger, pratiquer une activité physique comme la marche, danser, commencer un sport apportent du plaisir et amorcent le changement. Si je ne suis pas habitué à me mettre en mouvement, je commence par 2 minutes au quotidien, puis 5, puis 15 minutes et les bienfaits se font sentir. Le stress diminue, les émotions se régulent mieux et les sensations de bien-être ne tardent pas. Respirer, prendre le temps d’une relaxation ou d’une méditation sont d’excellents ingrédients pour se sentir présent à soi et à la vie. Ces moments de détente peuvent être accompagnés d’exercices de visualisation positive qui permettent mentalement de passer d’un état présent à un état désiré agréable. Aujourd’hui de nombreuses disciplines s’offrent à nous telles que le yoga, la sophrologie, le taïchi, le qi gong, le shiatsu ; elles permettent de prendre conscience et de vivre des changements corporels intérieurs. Toutes ces techniques favorisent un sommeil de qualité indispensable à un niveau d’énergie satisfaisant et une bonne santé. Evidemment le choix d’une alimentation saine s’avère primordial. Je privilégie les fruits et les légumes, les légumineuses et les noix pour délaisser peu à peu la viande et abandonner les sucres. Les aliments sucrés, les pâtisseries par exemple ne sont qu’occasionnels. La perte de poids est un changement important et parfois difficile car l’on est confronté à des messages contradictoires dans le lien corps-esprit. Pour entreprendre ce changement, je m’interroge sur mes habitudes alimentaires, sur les émotions qui peuvent être liées à la prise de poids, j’identifie mes besoins. Je peux organiser une détox, commencer un jeûne intermittent ou encore faire appel à un coaching si je ressens le besoin d’être accompagné dans ce changement.

En termes de santé, la médecine chinoise accorde beaucoup d’importance au changement. Pour la médecine chinoise, la vie est une des multiples expressions des changements du Qi, somme des énergies qui nous parcourent. Bien sûr, dès que des problèmes de santé apparaissent, le changement devient une nécessité, changer quelque chose en nous, dans notre manière de penser, d’agir et de vivre en harmonie avec notre environnement. La médecine chinoise considère la maladie comme le signe d’un désordre qui implique le corps, l’esprit et l’être social. Probablement que nous tombons malades parce que nous n’avons pas pris les bonnes décisions de changement et cette absence de changement engendre une stagnation du Qi, un ralentissement dans la circulation de nos émotions, de nos idées et de nos énergies. Donc, si l’on souffre d’une maladie grave, le changement d’alimentation et de climat mais aussi de fréquentations est évident pour toute énergétique chinoise ainsi que la capacité à repenser sa vie.  Toutefois l’essentiel est d’anticiper ; nous devons changer pour surtout éviter de tomber malade.

Vivre le changement

Se questionner sur ses rêves d’enfants ou d’adolescents peut être révélateurs. Certains de ces rêves seraient peut-être susceptibles d’être réactivés ou feraient émerger des désirs nouveaux qui ne demandent qu’à s’exprimer. Certaines personnes sont plus enclines que d’autres à vivre le changement. Pour les plus rétives, il est important de mobiliser leurs ressources pour accueillir la nouveauté, s’ancrer dans le présent, s’ouvrir aux rencontres et laisser s’exprimer leurs aspirations profondes.

Pour mettre en place un changement d’envergure, un développement progressif semble bénéfique. Il peut être aidant de se constituer un journal de bord et un calendrier qui permet de noter les temps d’action et les temps d’introspection et de réflexion. Le Pr Michel Lejoyeux dans son ouvrage Changer…en mieux[2] suggère un exercice de psychologie du changement en profitant de son prochain anniversaire pour faire le point sur sa relation au changement. Savoir si l’avancée en âge fait peur, quels sont les changements envisagés dans l’année, quels sont ceux qui donneraient davantage de sens à sa vie ? Ce type d’exercices apprend à changer de point de vue sur soi-même et sur les autres. Ce travail facilite la voie du changement en privilégiant la cohérence et le suivi des objectifs. Elaborer ce plan augmentera les chances de réussite. Accompagner et vivre le changement est une œuvre de longue haleine, probablement l’œuvre de toute une vie. Apprendre à négocier le changement, c’est, comme l’exprime la prière de la sérénité, « accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. ». Le psychanalyste J.-Bertrand Pontalis reprend cette idée : « Changer, c’est d’abord changer de point de vue. ». Le Dr Deepak Chopra donne ce conseil « Utilisez le changement pour que votre vie reste fraîche et renouvelée. Considérer que le flot de la vie est constamment en train de se renouveler aide à éviter la stagnation et l’angoisse du futur. »

Le vrai changement est probablement celui qui se vit à l’intérieur de soi, de façon subtile tout au cours de sa vie. Changer par petites touches pour vivre et donner la meilleure version de soi-même !

[1] Ces petits riens qui changent la vie, A-M. Filliozat, Dr G. Guasch, Albin Michel, 2013.

[2] Changer …en mieux. Les dix chemins du changement positif, Pr M. Lejoyeux, Plon, 2011.


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